En coulisse avec… Torri Smith et Maxime Zzaoui

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Les 20 & 21 février, Nantes recevait deux danseurs d’exception, jeunes partenaires de danse et couple dans la vie. Simply West les a interviewés avec quelques questions communes…

                                                       Honneur aux dames…

Simply West: Torri, tu danses le West Coast depuis l’âge de 7 ans, as-tu toujours voulu suivre cette carrière, le West Coast Swing a-t-il toujours été une évidence pour toi ou as-tu pensé à un autre métier, une autre danse ?
Torri Smith: J’ai commencé à donner des cours à l’âge de 14 ans, en fait, même à 12 ans j’enseignais à des petits de 4 ans dans notre studio: du jazz, des claquettes, du ballet… C’était vraiment sympa. J’ai adoré. Ensuite j’ai commencé à voyager quand j’avais 14 ans. Je suis venue en France pour la première fois à 15 ans. Et j’ai réalisé que je pouvais en faire mon métier. Mon père s’y était toujours opposé, il n’a jamais considéré que danser pouvait être une carrière et quand il a vu que j’arrivais à vivre de ça il m’a dit « bon ok, mais continue à aller à l’école » Donc j’ai toujours eu un plan de secours si besoin, mais non, je n’y avais jamais pensé étant petite.

S.W: Tu enseignais uniquement le West Coast Swing ou aussi d’autres danses?
Torri: J’ai fait de la compétition en danses latines pendant 3 – 4 ans mais je n’aimais pas tellement, je dansais trop de danses, j’essayais de m’entraîner pour « So You Think You Can Dance ». J’essayais de faire tout et un jour je me suis cassé la cheville et je me suis dit, ok, peut-être que je devrais choisir une seule danse. Alors je me suis restreinte au WCS parce que j’adorais et parce qu’à l’époque, mon partenaire et moi voyagions beaucoup, donc ça a été plus facile de choisir ça plutôt qu’autre chose. Je n’aime pas les danses en solo, ça me gêne et… j’adore le WCS.

S.W: Parmi les autres danses que tu as pratiquées, laquelle t’as le plus apporté pour le WCS ?
Torri: La plupart des danses latines sont complètement à l’opposé du WCS. La connexion est tout le contraire du WCS, les mouvements des hanches aussi, donc elles m’ont en fait perturbé plus qu’autre chose pendant un temps. Non, en fait, c’est le contraire qui s’est passé : ce sont mes danses latines qui ont été perturbées par mon WCS. Ils disaient tous de moi que j’avais l’air d’une danseuse de swing qui essayait de faire des mouvements de hanches latino… Mais la danse qui m’a le plus aidé c’est le Carolina shag que j’ai pratiqué avec mon partenaire Brennar Goree. C’est lui qui me l’a enseigné, il danse le Carolina shag depuis qu’il a 3 ans ! Ça ne se danse qu’en Caroline du Nord, du Sud et en Virginie. Brennar sera au French Open pour enseigner cette danse et c’est ce qu’il faisait en Allemagne avec nous le week-end dernier, donc ça arrive peu à peu en Europe. Il y a déjà un groupe européen de Shag… C’est entièrement basé sur le jeu de pieds et ça a un peu la même connexion que le WCS. Je dirais que c’est un mélange entre le Boogie et le WCS. Ça a les pas du rock, mais c’est beaucoup un travail des pieds, donc c’est sympa pour le WCS. En fait la seule danse à laquelle j’ai accroché avant (avec le jazz…).
S.W: Dans quelle danse t’es-tu cassé la cheville ?
Torri: En danse contemporaine. Je faisais une audition pour une équipe, ils m’ont dit que j’avais été prise et j’étais vraiment contente mais pendant que je dansais, mon élastique de cheveux est tombé, je l’ai récupéré, j’étais pieds nus, mon pied a été coincé et je me suis déchiré un tendon… mais mon père est médecin et il m’a remise sur pieds en 3 mois. Un médecin m’avait dit 9 mois mais mon père a dit non: « On va t’opérer et tu danseras dans 3 mois ! »

S.W: Tu as été souvent récompensée pour du Showcase et du Classic, entre autre, peux-tu nous dire qui sera ton prochain partenaire ?
Torri: En fait, j’ai arrêté la compétition pour le moment. Maxime et moi sommes en train de présenter une routine ensemble, mais on ne fait plus de compétition, seulement des shows. J’ai toujours vu mes amis qui étaient dans des relations de couple-danse faire de la compétition entre eux, et c’était la mort de leur relation (rires). Donc, je préfère avoir une relation plutôt qu’un partenaire de compétition. J’ai choisi d’arrêter la compétition parce que cela nous éloignait, Maxime et moi. Je participais à des évènements aux Etats-Unis, je devais aller à toutes les compétitions là-bas pour garder mon titre, il voyageait en Europe et on passait 3 à 4 mois sans se voir, c’était dur. On enseigne, on fait nos spectacles, et on se concentre plus sur notre vie ensemble que sur notre carrière de danseurs. On est assez établi, pas besoin de continuer.

S.W: Que penses-tu que Maxime aime dans ta danse?
Torri: Probablement que j’utilise trop mes hanches ! Bien sûr, c’est un mec français, donc un peu coquin qui aime les hanches qui bougent… (rires) Non, sérieusement, je pense qu’il aime les mouvements de mon corps, il me l’a dit.

S.W: Et qu’est-ce que tu aimes dans la sienne?
Torri: Certainement les mouvements de son corps (rires). Quand je danse avec lui, j’adore qu’il me surprenne, il cherche toujours de nouvelles choses qui me font plaisir. Quand je le regarde danser, j’adore le voir toujours très fluide, souple, très musical. Quand il danse avec quelqu’un, il s’adapte toujours à sa partenaire et j’adore ça.

S.W: En tant que partenaires de danse et partenaires de vie, est-ce que cela provoque plus de disputes ou au contraire, vous rend plus complices?
Torri: J’adore qu’on voyage ensemble tous les week-ends. Avant, on passait 4 mois sans se voir et maintenant, ça fait 9 mois qu’on ne se quitte pas, sauf peut-être une heure. C’est très différent, mais c’est agréable de pouvoir voyager et enseigner. Par exemple, le week-end dernier en Allemagne, on a fait le Pro show à l’Euro Dance Festival, qui est un truc énorme, ils nous ont appelé à la dernière minute et partager la piste avec lui était une expérience… que je ne peux pas expliquer. Je l’avais fait avant avec Benji (Schwimmer ndt), c’était sympa, mais pas pareil que de le faire avec l’homme que j’aime. C’est une belle expérience.
Quand on est de retour à la pratique… on a parfois envie de se tuer (rires), mais pour de bonnes raison ; on est tous les deux des perfectionnistes et on a différentes conceptions de la perfection. Parfois, on a besoin de laisser de côté, d’y revenir le lendemain. Donc la pratique, c’est plus dur mais l’expérience elle-même est merveilleuse.

S.W: Maintenant que tu connais bien la France, où préfères-tu vivre?
Torri: J’adore Lyon. Entre la Californie et la France… je n’aime pas les hivers en France ! En Californie, nos hivers sont encore l’été. On a eu de la neige une fois et je n’étais même pas là pour la voir. J’adore la France, mais bien sûr, ma famille me manque. En fin de compte, on espère passer la moitié de l’année en Californie et l’autre moitié en France. On va probablement viser l’hiver en Californie (rires) et les étés en France. L’été en Californie est vraiment désertique… Terrible! En fait, j’aime vraiment les deux endroits, la seule chose que j’aimerais, serait d’avoir nos amis et famille de France avec nous quand on est en Californie et la même chose ici.

S.W: Alors ton coin préféré en France, c’est Lyon ?
Torri: Oui, j’adore… J’adore le centre ville, même si on n’y vit pas. On habite juste à côté de l’aéroport, c’est pratique. En Californie, j’habite à une heure de l’aéroport, c’est affreux. Je n’aime pas autant Paris, il y a trop de monde. Lyon est comme un mini-Paris pour moi. Il y a toute la belle architecture, le centre sympa, et beaucoup de monde mais pas trop. Maxime y connaît tout le monde, quand on marche en ville, à chaque fois il voit au moins 7 personnes qu’il connaît, c’est de la folie. Mais j’aime aussi le sud de la France, c’est assez merveilleux, on y va cet été un peu.

S.W: Qu’est-ce que tu préfères chez les Français et qu’est-ce que tu n’aimes pas?
Torri: Ça n’est pas que je n’aime pas, mais j’ai vraiment du mal à m’habituer à la bise. J’oublie et les gens pensent que je suis mal polie parce que j’oublie de leur faire la bise. Je me suis bien améliorée mais quand je suis arrivée c’était le plus difficile pour moi. Je me souviens du mariage d’Olivier et Virginie (Massart ndt), ça faisait longtemps que je n’étais pas venue en France, j’ai eu l’impression que le temps de dire bonjour à tout le monde dans la pièce, il était déjà l’heure de partir! Donc quand Max m’a dit « ok, on s’en va », j’ai dit : « maintenant, il faut dire au revoir à tout le monde ?? » Ça dure 3 heures !! C’est de la folie. Parfois c’est dur, avec les lunettes, la différence de taille, de quel côté on commence, combien de bises… Et parfois les gens me font une accolade (un « hug ») parce qu’ils savent que je suis américaine, et ça me surprend car j’allais les embrasser (rires).
une vidéo qui parle bien à Torri sur la bise vu par les étrangers (:
Globalement, à force de mieux connaître les Français, ils sont très généreux. Ma famille pense que les Français sont très distants, froids et n’aident pas, mais quand on les connaît mieux, j’ai le sentiment que ça n’est pas ça. C’est plus le cas quand on est un touriste, mais nous, on est pareil ! Quand on a des touristes qui ne parlent pas anglais et qui nous demandent de l’aide on se décourage et on se dit : « je ne vais pas essayer de t’aider, trouve une carte ! » Donc on est tous un peu pareil de ce côté. Les Français que je connais le mieux sont les Lyonnais et les danseurs de WCS et ils sont vraiment adorables. Tous sont très gentils, prêts à aider. Quand j’essaie de parler français parfois, ils m’encouragent, ils applaudissent.

S.W: Tu comprends le Français mais tu ne le parles pas vraiment, c’est ça?

Torri: Oui. Je fais un blocage, je n’arrive pas à parler et je n’aime pas mon accent alors je ne le parle pas. Je sais, c’est nul. Maxime me dit tout le temps : « tu aimes mon accent français, nous on aime l’accent américain ». Je comprends beaucoup et surtout tout ce qui touche à l’enseignement de la danse. Dans les conversations de tous les jours, c’est un peu plus dur. Je connais quelques parties du corps, je peux compter… sinon, c’est dur mais j’essaie. Je n’ai jamais pris de cours, j’ai une application sur mon téléphone qui me rappelle tous les jours : « hey, t’as pas fait ton français aujourd’hui ! ». Maxime me dit de temps en temps: « ok aujourd’hui, on parle français » et ne me parle qu’en français. Jusqu’à maintenant, il a été sympa, il me laissait répondre en anglais, mais maintenant il me dit : « ok, je vais être méchant. Si tu veux parler, ce sera en français ».

S.W: Quelle différence fais-tu entre la pratique du WCS en France et aux USA?

Torri: Eh bien, le niveau est tellement plus élevé en Europe en général, c’est de la folie ! Pour les Américains, quand on regarde sur Youtube, tout ce qu’on voit ce sont les danseurs champions All Star et compagnie mais dans les ateliers, le niveau n’est… pas bon! C’est hallucinant! Quand on a un atelier ici c’est frappant, je ne sais pas si c’est seulement que plus de danseurs font des stages… Aux Etats-Unis, ils pensent qu’ils sont assez bons. Donc, seuls les tout débutants font des stages. Même les niveaux avancés… ils sont… débutants. C’est ce qu’on a remarqué en enseignant dans les deux pays. Au début, quand je commençais à enseigner en France, je me disais : « Yes, on va en Europe, on pourra enseigner des trucs durs ! ». En général, la danse est très différente même selon les endroits aux USA, chacun a son propre style à cause des différents profs et je pense qu’il y a moins de diversité en Europe parce qu’ils apprennent tous des mêmes gens. Ils apprennent sur Youtube et par eux-mêmes donc les Européens ne se voient pas imposer les règles de style différentes selon les profs. En Europe, les communautés WCS sont plus homogènes. Au French Open, il y a des personnes de tous les pays. Aux USA, si on a un événement au Texas, il ne viendra que des Texans. Personne de Californie n’y ira. On a deux ou trois événement par année qui brassent un peu du monde, mais sinon, on ne se déplace pas. Etonnamment, les Américains voyagent en Europe, mais pas beaucoup dans les Etats-Unis. Je ne sais pas pourquoi, c’est triste.

S.W: Où le WCS est-il le plus développé aux USA ?

Tort: En Californie! C’est énorme, là-bas, c’est de la folie! En Californie du Sud, à une heure de route de chez moi dans chaque direction je tomberais sur 8 différentes communautés de WCS. Même dans le comté d’Orange où j’habitais, il y a 4 différentes communautés avec 4 différents profs renommés. J’habitais avec Jessica Cox et Tatiana Mollman. Ben Morris vivait dans la même rue, Jordan Frisbee vivait à 10 minutes. On pouvait faire des fêtes chez nous. Et ça c’est juste la Californie du Sud, comté d’Orange. Il y en a plus à San Diego, à San Francisco, à Fresno etc… Bon, il y en a dans chaque Etat, même à Hawaii… Max et moi on va a Tahiti le mois prochain, c’est dingue. C’est fou de voir à quel point cette danse a explosé. C’est bien!

S.W: A l’avenir, où comptez-vous développer le WCS? USA ou Europe?
Torri: On a un impact là où les gens nous veulent. Par exemple, on va en Roumanie cette année pour la première fois. Ils viennent de commencer une communauté de WCS en septembre. Grâce à la flashmob, ils l’ont trouvé sur Youtube et un couple a décidé de l’enseigner. Ils nous ont contacté Maxime et moi, ils nous ont dit qu’ils voulaient venir à Lyon pour 8 heures de cours particuliers. On leur a donc enseigné les basiques, la manière d’enseigner et aussi du plus haut niveau pour eux. Et ils l’ont enseigné là-bas depuis septembre, ce sont des profs de danses de salon. Ils ont d’abord contacté Olivier, il était occupé. Ils ont vu qu’Olivier et Maxime étaient de bons amis et ils nous ont contactés. Et maintenant, ils ont dit qu’en septembre prochain, ils voulaient qu’on aille là-bas pour enseigner un stage. Ça sera la première fois que des profs iront enseigner le WCS en Roumanie donc on est très content. C’est chouette que ces nouveaux petits pays commencent le WCS. Il y a plus de possibilités de développer le WCS en Europe. Aux USA, c’est déjà très développé. Il y a en partout. J’ai un ami qui vient de partir l’enseigner en Alaska! Je ne savais même que des gens habitaient en Alaska, seulement des esquimaux! (rires) Je crois qu’ils ont enseigné sur un bateau de croisière. On a enseigné en Espagne, c’était un événement français organisé en Espagne, il n’y avait que des Français sauf trois danseurs espagnols! Il y avait beaucoup de boogie, lindy, salsa et nous pour le WCS. J’aimerais beaucoup aller enseigner en Espagne.

S.W: Quelle musique écoutes-tu le plus en ce moment?

Torri: Maxime et moi en ce moment, on est d’humeur Amy Whinehouse… On adore.  On a regardé le documentaire Amy Whinehouse, ça nous a branché. Sa voix est vraiment incroyable. On aime tous les deux des chansons espagnoles, une de nos préférées est « 6 am » de J Balvin . On aime tout ce qui a un rythme un peu zouk. On est allé au Brésil et j’adore le zouk. Je ne sais pas zouker du tout, je suis nulle mais j’aime le regarder.  Même ce qu’on a dansé hier soir, Disclosure de Magnets feat Lorde, c’était sympa. Tout ce qui a un peu de bon rythme, on aime. Aux USA, j’écoute de la musique country tout le temps et parfois certaines musiques qu’on entend ici à la radio sont vieilles de 6 ans ! Pourquoi est-ce que ça arrive tout juste ici ? En plus ils coupent les musiques ici, ils ne passent que le refrain par exemple. En boucle. C’est terrible.
Dans les compétitions, on a le choix entre blues et contemporain, mais dans les soirées, il y a environ un titre de blues toutes les 15 chansons. Moi j’adore le blues. C’est aussi le problème de la danse Carolina shag, ça se danse sur Sam Cook par exemple, que j’adore, mais ce sont les mêmes chansons tout le temps.

Le mot de la fin par Torri: « Merci beaucoup » (en français ndt)

Et maintenant, la parole à son cher et tendre…

 

S.W: Maxime, tu danses depuis l’âge de 5 ans, as-tu toujours voulu être un danseur pro?
Maxime Zzaoui: J’ai commencé en 1992 et c’est venu au collège. Je devais avoir 13 ans et du coup j’en ai parlé à mes parents: « pourquoi je ferais pas ça dans ma vie? ». Comme j’avais commencé avec le rock et le boogie ils m’ont dit « on va devoir t’emmener dans une autre formation que ça, ça n’a pas trop d’avenir », c’est comme ça que je suis rentré dans un conservatoire et j’y ai fait 7 ans d’études. Ca m’a poussé à faire quelque chose de complètement différent et de finir avec le West coast swing, enfin de finir, euh j’ai pas fini encore!

S.W: Qu’est-ce-que le WCS a changé dans ta vie?
Maxime: Pas mal de choses, une future femme…
Déjà ça nous a permis de voyager beaucoup plus. Même si j’étais dans le milieu culturel au final on ne voyageait pas autant, donc ça c’était déjà un gros changement. Rien de plus quoi… l’amour , le voyage…

S.W: Tu es arrivé 5ème en Classic à l’US Open avec Virginie Massart, quand et avec qui allons-nous te revoir dans cette catégorie (ou une autre)? Nous pensons en particulier à Torri avec qui tu as réalisé une nouvelle routine qui circule sur Internet…
Maxime: Non non c’est pas une routine compétitive. Comme on va se marier cette année, on s’est dit qu’au lieu de faire un post sur Facebook comme beaucoup de gens attendent en fait , « pourquoi on monterait pas un petite routine sur le thème du mariage? » donc on a choisi la musique Mary me, et voilà c’était un petit message mais rien de compétitif.

Je crois que Torri a fini de faire des compétitons, en tout cas pour l’instant elle n’a plus envie. Moi j’ai jamais été vraiment dans le truc, j’aime bien être sur la scène mais devant les juges, surtout les juges de l’US Open, ça nous intéresse pas vraiment. On fait des shows, on tourne très bien comme ça, YouTube marche mieux que l’US Open, donc on n’a pas besoin de ça pour se faire connaître.

S.W: Selon toi, qu’est-ce-que Torri aime dans ta danse?
Maxime: Je pense que déjà elle aime bien mon contact… Franchement je sais pas trop, on en parle pas vraiment mais je pense qu’elle aime bien danser avec moi, qu’elle aime bien la connexion qu’on a ensemble, cette complicité.

S.W: Qu’est-ce-que toi, tu aimes dans la sienne?
Maxime: Ecoute je pense que c’est une fille très talentueuse, c’est une Porsche hein, du coup « ça s’conduit bien »!
Elle est vraiment très talentueuse, elle a beaucoup de sensualité dans sa danse, une belle connexion, elle est rapide, elle est vachement à l’écoute, ça c’est agréable. Beaucoup de potentiel. Et après forcément, moi la complicité que j’ai avec elle, il y a un côté un peu magique qui fait que ça marche bien.

S.W: En tant que partenaires de danse et couple dans la vie, est-ce-que cela provoque plus de disputes ou au contraire vous rend plus complices?
Maxime: Et ben y a les deux hein, forcément quand tu commences à travailler avec quelqu’un que t’aimes il arrive un moment donné où tu confrontes les points de vue, forcément ça interfère sur la vie, la relation, mais bon rien de bien méchant, on est assez complices quand même donc du coup ça fonctionne assez bien. Parfois il faut un peu des éclairs c’est normal, surtout quand on travaille des chorégraphies pour des gens, ou même quand on a monté « Mary me » on n’a pas eu que des moments tout roses mais c’est normal. On se respecte vachement, mais parfois on s’engueule. C’est rare quand même mais c’est arrivé.

S.W: Tu as pu passer pas mal de temps aux USA, où fait-il meilleur vivre? En France ou aux USA?
Maxime: Hum… J’ai pas l’impression que je vis plus d’un côté que de l’autre, j’ai l’impression que je vis sur la Terre quoi. Il y a pas mal de gens qui nous posent cette question. On a acheté une maison à Lyon, donc on a un pied à terre à Lyon. On va faire une opération aux Etats-Unis, donc on aura aussi un pied à terre aux Etats-Unis. On aura deux adresses, pourquoi pas! J’aime bien les deux, je ne pourrais pas vivre qu’aux Etats-Unis, je ne pourrais pas vivre qu’en France. On aime bien voyager quoi… Après si on a des enfants, on verra bien. Pour l’instant on construit quelque chose de solide à Lyon et en Californie, on verra comment ça se passe pour la suite.

S.W: Quel est ton endroit préféré aux USA? et en France?
Maxime: J’aime bien San Diego. Torri vient du nord de San Diego, à 45 minutes. J’aime pas mal d’endroits en fait. J’aime bien San Francisco, c’est complètement différent. J’adore New York, mais pas pour y vivre bizarrement, mais pour y aller en vacances. J’ai adoré Key West, en Floride. J’aime bien un peu tout quoi, j’suis pas difficile.
En France j’aime bien le Vaucluse, pas loin d’Avignon, mais parce que j’ai un passé de pêche là-bas et des souvenirs d’enfance. J’aimerais vraiment que Torri voit cette région. J’adore Monaco aussi, la cote monégasque, elle est magnifique.
SW: La pêche est ta deuxième passion?
Maxime: Oui, ça l’était avant même.
SW: Dans tes bagages il y a une canne alors?
Maxime: Oui il y a une canne, là on va partir à Tahiti, j’emmène une canne à pêche, deux même!

S.W: Qu’est ce que tu préfères chez les Américains et au contraire, qu’est-ce-que tu n’aimes pas du tout chez eux?
Maxime: J’aime leur service. Ce sont des gens qui sont beaucoup plus ouverts que nous, ils sont tout le temps contents. Tu vas acheter un truc dans un centre commercial, ils te demandent qu’est-ce que t’as fait de la semaine, en France ils s’en foutent. C’est limite too much, mais au final je préfère dans ce sens là que l’inverse, ça me plaît. Du coup tout le monde est un peu friendly. Les français ont vite fait de critiquer: « ouais c’est un peu pas honnête ».. Ouai mais je crois que je préfère pas honnête que tu me fasses la gueule en fait.
Ce que j’aime pas aux Etats-Unis: L’architecture, j’ai du mal, c’est un peu des blocs quoi. Ils savent pas trop conduire. Sinon on pourrait parler de la bouffe, mais en fait quand t’as un peu d’argent tu trouves de la bonne bouffe hein, c’est juste un peu moins accessible qu’en France. Si tu veux bouffer dans un bon restaurant faut compter quarante euros par personne minimum, alors qu’en France à moins de vingt euros tu peux trouver un bon resto.
Ce que j’aime pas en France c’est le service des gens en fait. Même si on a des gens qui sont très bien, on a un service pourri quoi. Les gens ne savent pas parler anglais, ils ne sont pas accessibles. Quand tu vas dans un restaurant il faut que tu te battes avec le serveur pour qu’il te ramène un pichet d’eau. Bon c’est pas tous les restaurants, mais il faut que t’ailles dans un restaurant où tu paies soixante balles pour que tu sois bien servi. C’est malheureux mais c’est comme ça, alors qu’aux Etats-Unis, même au Mac Do t’es bien servi.

S.W: Quelle est la différence selon toi entre la pratique du WCS en France et aux USA?
Maxime: Nous on a la régularité, eux c’est un truc un peu plus ponctuel. Ils dansent une fois par semaine, nous c’est beaucoup plus. Quand je dis un fois par semaine je suis sympa parce que je pense que 70% des gens ne font que des évènements. Comme c’est une fois de temps en temps y a pas vraiment de suivi.
SW: C’est à dire que là bas les gens prennent moins de cours?
Maxime: Oui c’est sûr, c’est peut-être un peu plus condensé sur un week-end mais ils ont pas de suivi, ça dépend des régions. Par exemple Ben Morris en Californie essaie de faire des cours un peu quotidien. Ca commence à fonctionner un peu mais c’est pas régulier, ce sont toujours des gens différents. Moi en France, quand je donne des cours réguliers je reprends ce qu’on a fait la semaine d’avant, on a un vrai suivi.
On a le truc aux Etats-Unis où les gens s’éclatent un peu plus sur la musique, ils ont un peu plus de musicalité. Nous en France on est un peu plus rigoureux sur la technique. Eux c’est un peu plus dégueulasse hein, mais bon après c’est quoi le meilleur truc? J’en sais rien. Qu’on se prenne la tête et qu’on arrive à avoir une meilleure technique, ou alors qu’on ait un lâcher prise et qu’on s’amuse plus sur la musique? Après si on peut avoir un mix des deux ce serait top mais c’est difficile.

S.W: A l’avenir, comptez-vous développer le WCS un peu plus en Europe ou aux USA?
Maxime: Pour l’instant on est plus en Europe, par rapport aux contrats. Tu vas un peu là où on t’appelle et en Europe on y est beaucoup oui. On doit peut-être avoir une trentaine de contrats en Europe, contre une dizaine aux Etats-Unis.

S.W: Pour finir, ta Musique préférée en ce moment?
Maxime: En ce moment j’aime bien Me And Mrs. Jones d’Amy Winehouse, j’adore.

Merci à Maxence Gross pour la traduction en Anglais avec Torri (:

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