En coulisse avec… Paul Warden et Catriona Wiles

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Il y a plus d’un mois à Nantes, Paul et Catriona nous rendaient visite!
A l’issue du stage, après un copieux repas breton, nous échangions avec eux:

S.W: Comment vous êtes vous rencontrés ?
Catriona:  Au début on se connaissait de vue, en Angleterre. Mais c’est aux Etats-Unis que l’on s’est vraiment rencontrés. J’y ai vécu 5 ans.
Paul:  Oui, j’avais entendu parlé de Catriona. Elle exercait déjà à un niveau professionnel dans le milieu de la danse alors que je venais d’arriver. Je la connaissais juste de réputation. Un jour je participe à Grand National, un événement WCS sur Atlanta,Georgia, avec une amie Rachael Mcenaney qui la connaissait bien. Elle nous a présenté tous les deux. A partir de là nous avons passé plus de temps ensemble, des week-end notamment. Lors de l’un d’entre eux à Paris, alors qu’elle s’apprête à revenir vivre en Angleterre je lui parle de l’ampleur qu’a pris la communauté WCS à Londres pendant ses 5 ans aux Etats-Unis. Là elle me dit vouloir s’impliquer.
Catriona:  On a d’abord commencé à danser en social sans vraiment travailler ensemble. Je pratiquais le Tango et d’autres danses de couple en professionnel avec un partenaire que Paul m’avait présenté à mon retour des Etats Unis, en 2004. Ce n’est que plus tard; en 2007 ou 2008, quand Paul a arrêté son travail qu’on s’est mis à travailler à temps plein.

S.W: Quelles différences notez-vous dans la pratique du wcs en Angleterre et en France?
Catriona:  La démographie des danseurs en France n’est pas la même qu’en Grande Bretagne où la majorité des élèves viennent du Modern Jive, discipline sociale et musicale avec peu d’entraînement. C’est une petite structure où les danseurs ont pour âge moyen 40 à 50 ans.
En France le WCS est principalement enseigné en école de danse. L’âge moyen est de 25 à 30 ans et le niveau des élèves augmente plus vite, favorisé par une bonne dynamique.
La danse y est généralement plus créative, plus inspirante, plus athlétique et endurante qu’en Angleterre.

S.W: Chaque année les inscriptions du Swingvitational sont prises d’assaut, comment expliquez vous ce succès? *
Catriona:  Nous souhaitions faire un événement où l’on invite nos amis, parmi notre clique dans la catégorie All Star. On voulait les faire venir pour enseigner, certains n’étant jamais venus en Europe avant et n’étant pas pro à temps plein. On a invité 20 d’entre eux. Ca a été possible car ils sont moins chers (rire) et on les fait peu travailler; un ou deux cours et puis danser avec tout le monde toute la nuit. Les intéractions entre eux et les participants font que chaque année l’évènement prend de l’ampleur.
Paul:  Lorsque nous voyagions aux Etats-Unis, sur la piste à cinq heures du matin il y avait toujours les mêmes pro ou semi-pro qui restaient jusqu’à la fin pour danser avec les participants. Maxence Martin, Nicolas King, Gill de Marco, …
Une grande partie du succès du Swingvitational est dû à la possibilité de danser plus facilement avec les pro. Dans les principaux événements en Europe et en Amérique il y a un maximum de participants, peut être cinq cents voire mille…pour seulement trois couples phares. Six personnes disponibles pour cinq cents participants! Au Swingvitational c’est potentiellement six couples pour quatre cents personnes qui ne se sentiront pas obligés d’aller à la chasse au pro ou de rester coincés jusqu’à cinq heures du matin dans un coin de la salle pour une danse avec un pro. Il y aura potentiellement six autres personnes avec qui avoir cette danse durant le week-end.

S.W: C’est la deuxième fois que vous venez dans la région. Que pensez-vous du public Nantais?
Paul: Il y a 2 ans, parlant du wcs je pensais au sud de la France: Montpellier, Toulouse, Marseille…Très haut niveau. Paris et Lyon aussi, toutes deux de très grandes écoles. Quant à ce week-end j’ai remarqué qu’il y a de très bons danseurs ici. Tout comme Genève où je suis retourné enseigner pour un stage. Ainsi je dirai qu’il n’y a pas que Paris, Lyon ou Marseille qui a un très bon niveau. Globalement le niveau en France est de plus en plus élevé.

S.W: Vous revenez du French Open où vous avez enseigné, mais également jugé des compétitions.
Aujourd’hui en France, en raison d’un très grand nombre de participants et d’un niveau élevé en Europe, on imagine que les juges ont de plus en plus d’exigences.
Quant à vous, quels sont vos critères de jugement?
Paul:  Quand je juge mes critères changent en fonction du niveau. Enfin, globalement l’idée est la même mais mes attentes changent lorsque le niveau augmente. En New Comer et Novice je regarde beaucoup la bonne compréhension du rythme, de celle des techniques de base, de leur structure, et aussi l’idée de partenariat entre les deux personnes. Et en Strickly l’aptitude à guider ou à suivre son partenaire tout comme dans les Jack’n Jill.
En catégorie Intermediaire je pense moins à la structure du wcs et au rythme, mais plus à leur interprétation. Je veux plus de communication entre les partenaires, et surtout en Strickly, et plus d’interprétation dans la musique.
Quand j’arrive en catégories Open et Advanced j’attends quelque chose qui me donne envie de participer à la danse. Quand je juge quelqu’un et que je ne n’ai pas envie d’être impliqué dans sa danse je ne vais probablement pas le récompenser. Il faut que j’ai envie d’être guidé par le danseur ou bien que la danseuse me suive pour être sélectionné.
Catriona:  Je suis d’accord avec Paul sur le premier point; quand le niveau augmente mes attentes changent. Je veux voir de belles postures, du rythme, de la technique à tous les niveaux. Plus le niveau augmente plus je veux voir des performances, de la personnalité, et que la technique de la danse reste toujours intègre. Je n’aime pas quand ça devient fou, sans aucun contrôle. Puisque j’enseigne je me concentre plus sur cet aspect que sur la créativité. Quand Paul dit que la communication est extrêmement importante, si l’un des partenaires essaie de sortir l’autre de la danse, je déteste ça. Donc peu importe combien ils sont bons, s’ils ne s’entendent pas, même s’ils sont bons individuellement, et qu’ils dansent bien avec d’autres partenaires, si les deux ne s’accordent pas à ce moment là,  je ne les sélectionne pas. Il faut vraiment être constant à ce moment là avec cette personne là.Tu ne peux pas juste être toi en tant qu’individu sans prêter attention à l’autre personne.

S.W: Pour terminer, quels sont vos morceaux musicaux du moment?
Catriona:  Suit And Tie – Justin Timberlake
Paul:  Dress On – Justin Timberlake

S.W: Merci! En souhaitant vous revoir bientôt!

 

Special thanks à notre interprète Nathalie Barbarin!

*londonswingvitational.co.uk du 14 au 18 Novembre 2013 à Londres.
Inscriptions possibles pour les couples et les leaders. Followers sur liste d’attente.

One Response to “En coulisse avec… Paul Warden et Catriona Wiles”

  1. Un novice! 9 juillet 2013 at 20 h 08 min # Répondre

    Aaaaaahhhhhh,

    Enfin une explication sur les critères de notation J&J!

    Merci à l’équipe Simply pour cette question pertinente 🙂

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