En coulisse… avec David Khalifa et Camille Fumanal

 

Pour le premier stage de l’année à Nantes, nous recevions deux jeunes danseurs qui venaient enseigner ici pour la premier fois!
David et Camille nous ont touché par leur générosité et l’authenticité de leurs réponses.

 

S.W: Camille, comment as-tu découvert le wcs?
Camille: C’était le 6 janvier 2010, je m’en souviens très bien. J’étais en soirée salsa et j’ai dansé avec quelqu’un qui m’a dit « Je connais une danse… Je suis sûr qu’elle te plairait». Le lendemain je faisais mon premier cours de west coast swing à Villeurbanne avec David Riquelme. Et ce jour là j’ai arrêté la salsa pendant trois ans pour ne faire que ça!

S.W: Il n’y a pas eu que le west coast alors?
Camille: J’ai commencé avec du rock, j’accompagnais ma maman à ses cours. Je suis un peu tombé dedans comme ça, en regardant.
Après j’ai fait un peu de salsa, un peu de danses de salon, un peu de tout en fait. J’ai tout arrêté pendant trois ans pour faire une prépa. Et c’est en Espagne, où j’étais en Erasmus que je me suis mise très sérieusement à la salsa. Puis le west coast swing depuis 2010.

S.W: David, ta rencontre avec le west coast swing?
David: Moi je marchais et j’ai entendu de la musique venant d’un bar qui s’appelle « The O’liver » à Montpellier. J’y suis rentré et là il y avaient des gens qui dansaient. J’ai commencé à fréquenter cet endroit moi aussi. Selon les jours on y dansait le zouk, la bachata, la salsa et le west coast swing. J’ai regardé des vidéos pour apprendre.
La danse que j’ai découverte par hasard a été un moyen d’évacuer beaucoup de choses… et c’est devenu une passion.

S.W: D’où te vient ce style unique et plutôt physique?
David: Attiré par plein de choses j’ai regardé beaucoup de vidéos, de toutes les danses.
Du coup j’ai pas du tout été formaté. Bon, bien sûr j’ai appris les bases. Dans mon métier, maçon, quand on fait une fondation il faut qu’elle soit propre pour pouvoir monter les murs. J’ai aussi été gymnaste. Ce qui m’aidait à comprendre les mouvements que j’osais et ce que je voulais y amener. Et j’ai fait du Krav-maga, self défense israélien. C’est beaucoup dans la connaissance d’énergies.

S.W: Camille, y a-t-il des danseuses qui t’inspirent?
Camille: Oui, toutes. Je pioche partout, n’importe où, pas que dans le west coast, surtout pas que dans le west coast. J’adore aussi bien Tatiana, Sarah, que des gens beaucoup moins connus et beaucoup plus locaux. Ca m’arrive d’aller en soirée à Lyon ou ailleurs et de tomber sur une fille qui fait un super mouvement et de me dire « oh il est génial! Voyons comment elle le fait… » et d’essayer de me l’approprier pour en faire quelque chose qui vient de moi aussi. Je pense que c’est comme ça qu’on arrive à trouver des choses sympas. En s’inspirant pas seulement de ce qu’il y a au dessus mais aussi de ce qu’il y a en dessous et à côté.

S.W: Quelles sont les clés de ta récente progression en Advanced?
Camille: Je dirais que c’est du partenariat. C’est à dire, je sais pas si je suis arrivée en advanced juste à cause de moi ou aussi parce que je suis tombée sur des bons tirages. En tout cas j’ai eu un vrai déclic l’année dernière au Swing Génération. Là, j’ai arrêté de me poser plein de questions sur comment je dois danser. Est ce que je dois faire trop, pas assez, dans une compétition.  Je me suis dit: Je danse juste comme je suis et je donne ce que j’ai envie de donner. C’est comme ça que je danse en social et c’est comme ça que j’ai envie de danser en compétition.

S.W: Qu’aimez vous chacun dans la danse de l’autre?
David: Chez Camille j’aime son partage. Sa façon de me montrer qu’elle est présente avec moi, à chaque instant. C’est ce que j’aime dans la danse de couple. Pouvoir partager avec une personne du sexe opposé, sans de suite avoir quelque chose d’autre dans la tête, mais ne se préoccuper que d’être avec elle un temps, cinq minutes à fond avec elle. C’est ce que Camille me procure quand je danse avec elle.
Camille: C’est rigolo parce que ce que j’aime avec David c’est justement sa présence. C’est le seul danseur avec lequel je peux lancer n’importe quoi, être en déséquilibre, il peut être à deux kilomètres de moi, peu importe ce que je vais faire, que je sois sur le bon ou le mauvais pied, il va toujours être là pour me rattraper. Et ça c’est hyper sécurisant! Bon je parle pas de sa musicalité, de sa créativité. C’est ce qui visuellement est vraiment chouette. Ce qu’on partage dans la danse c’est vraiment intense et intéressant. Moi j’adore ça.

S.W: Qu’attendez-vous des élèves?
David: J’attends pas grand chose des élèves. Je veux dire, je suis déjà assez heureux de pouvoir pratiquer ce métier.
Maçon dès treize ans et ce jusqu’à dix huit ans, quand j’ai su ce qu’était la vie, comment on pouvait galérer à travailler, travailler et ne pas gagner assez pour vivre, je me dis que j’ai eu de la chance qu’on me propose d’enseigner. Je vois les gens être là pour moi. Et je leur donne ce que je suis. Et c’est pas compliqué. C’est la chose la plus facile. Eux me le rendent tellement qu’en fin de compte merci à eux! J’ai une chance de faire ce métier et je suis comblé.

Camille: Dans un cours, en tout cas dans un stage par rapport à des cours réguliers, j’attends une ouverture d’esprit. Des élèves qui viennent chercher des choses différentes de ce qu’ils ont rencontré au quotidien.
On sait bien que dans le west coast on entend tout et son contraire. Tenir les bras, ne pas tenir les bras, les épaules, pas les épaules, le centre pas le centre…En fait je ne crois pas qu’il n’y ait qu’une seule vérité. Alors c’est bien que chaque élève soit capable de prendre ce qu’il veut prendre dans un cours et qu’il n’hésite pas à dire ce qu’il veut aussi.

David: L’ouverture d’esprit est très importante. Pratiquant d’autres danses, dont le contemporain, je ne parle pas que de technique west coast dans mon cours. J’essaie aussi de montrer l’intérêt d’aller chercher dans la connaissance de son corps. Les difficultés rencontrées quand on danse avec quelqu’un peuvent aussi être dues à la mauvaise tenue de son propre corps, ou parce qu’on n’a pas la notion de ce que l’on est. D’ailleurs je n’aimerais pas entendre un jour quelqu’un soufflant ou râlant en disant « ouais de toute façon je suis tombé(e) sur un(e) partenaire relou(e) ». Je serai peut-être capable de le faire sortir si j’entendais ça. Parce qu’on est pas là pour rabaisser les autres. Respect, c’est tout ce que je veux: Du respect.

S.W: « J’invite , j’invite pas… » Votre avis sur la récente polémique quant à ne pas inviter les pros en soirée d’évent?
Camille: Je pense que quand on est Jordan et Tatiana, qu’on passe sa vie dans les stages à être invités par des milliers de personnes, on a parfois envie de danser avec les gens qu’on souhaite. Je comprend qu’il y ait une certaine retenue à voir une ligne de cinquante personnes qui attendent, je peux le concevoir.
D’un autre côté je pars du principe que le west coast est une danse sociale, où il y a vraiment beaucoup de partage et c’est dommage de se limiter. Donc je dirais oui, invitons les profs mais restons mesurés.

David: Moi à mon petit niveau j’ai vu des filles qui se poussaient juste pour danser avec moi… Je suis pas une viande, c’est sûr.
D’un autre côté, fréquentant le milieu people dans des comédies musicales, ou pour des clips vidéo, je vois des stars en train de se faire prendre en photo passer pour de grosses stars, se prendre pour des gens qu’ils ne sont pas et qui un jour pètent un câble et s’en plaignent. Mais ça fait partie du métier. T’es maçon tu dois faire des bétonnières toute ta vie, même si t’aime pas ça. T’es une star, t’as une chance d’être là, t’as une chance d’être reconnu pour ce que tu es. Tu dois prendre les choses qui sont peut être plus désagréables. Mais bon en l’occurrence se faire inviter c’est pas très désagréable… D’ailleurs il y en a qui prieraient pour se faire inviter. Si t’as trop d’invits dis lui « regarde y a quelqu’un là qui est là et qui attend pour danser, invite le on dansera ensemble après » ou « celle-là ne la fait pas avec moi, reviens à la prochaine j’ai envie de danser avec ma partenaire ».
Je pense que les gens ont peur de dire non . A partir du moment où c’est clair ça veut pas dire rejeter l’autre. Ca veut dire « non cette fois-ci,  je peux pas j’ai juste envie de danser avec ma partenaire et après je viens te chercher ». Ca m’est arrivé en soirée. Je suis retourné les chercher et elles ont apprécié ça.

S.W: Il est parfois difficile d’inviter…Un conseil, une astuce à donner ?
Camille: Moi ça a toujours été simple: Je viens en soirée pour danser. Si personne m’invite et que je reste assise je vais être frustrée.
Donc je me dis « tu viens pas me chercher… Ok, j’arrive. Mon objectif c’est de m’amuser ce soir, donc peu importe ».
Ca peut être l’occasion d’un p’tit challenge aussi: Toutes les personnes assises j’en prends trois et je me dis « ok les trois prochaines ce seront celles-là ». En tous cas plutôt que de rester assise toute la soirée sur ma chaise je vais me prendre par la main et je me dis « allez, je m’amuse !».

David: Je suis pas d’une nature à être impressionné, par une personne en tout cas. Alors ça ne m’a jamais intimidé d’aller inviter mais je crois que je me dirais tout simplement qu’elle aussi a été débutante. Et si ça l’ennuie vraiment que je l’invite, par exemple pour travailler mes trucs je disais « j’suis désolé j’vais faire ça » et je savais que j’avais des reproches mais je me disais qu’il faut être un peu égoïste au début, je pense.
Camille: Pour décomplexer un petit peu les débutants j’ajouterais que la plupart de mes meilleurs danses je ne les ai pas faites avec des advanced ou des all stars. Je les ai faites avec des novices, des inter ou des gens qui ne font pas de compète. Mais des gens contents de danser. Moi, à partir du moment où, même si on me fait trois push, du moment que t’es content de danser avec moi, ça se voit.

 

S.W:   Passons au LOLO QUIZ! Pour rappel deux choix, une réponse…

David, tu voyages beaucoup, tu es plutôt « grosse valise pleine, je ne sais jamais ce que je vais mettre alors je prends tout» ou plutôt « une petite valisette avec brosse à dents, des chaussettes et c’est tout »?
David: Maintenant?…grosse valise!

Camille, première fois à Nantes, tu « regrettes le climat de Lyon » ou tu te dis « La pluie ça fait partie du paysage breton »?
Camille: Aujourd’hui il pleut pas… (rires). Nan, je suis contente d’être là, donc oui la pluie ça fait partie du paysage, c’est cool.

David, quand tu ne danses pas, tu es plutôt « Je passe mon temps devant la télé à regarder Bob l’éponge » ou « Tu bouges, vive la soirée entres potes avec du punch »?
David: Bob l’éponge

Camille, quand tu écoutes à la radio une musique westcoastable, ton réflexe c’est « Shazam! j’ai toujours mon portable sur moi » ou c’est « Shazam! merde il est où mon portable… j’étais certaine qu’il était là »?
Camille: Shazam, merde; il est où mon portable?

David, si tu devais choisir entre deux évènements de danse le même week end, ça serait plutôt « Wouahou ! un gros évènement, on y va , pas le choix ! » ou plutôt « Youhou! un évènement à Nantes,  j’hésite même pas! »?
David: Je ne suis pas attiré par les gros évènements. Du coup je choisirais plutôt un petit, local, avec une bonne ambiance.

Camille, si tu devais écrire un livre sur le WCS ça serait comme Valerie Trierweiler « Le West Coast, merci pour ce moment» ou comme Eric Zemour « Le West Coast, le suicide de la Salsa! »?
Camille: Et bien un petit peu des deux en vrai. Parce que j’aime bien la salsa, je l’ai pas vraiment suicidée.
Mais si je dois choisir, mmh..
…Merci pour ce moment!

Merci pour ce moment aussi!

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