En coulisse avec… Tristan Cachoz

tristan cachoz nantes
A l’occasion de la 6ème édition du Westy Nantes, nous avons croisé Tristan Cachoz venu tout droit de Lyon pour le weekend. Membre actif de la communauté West Coast Swing lyonnaise, il est depuis septembre 2014 mondialement connu pour être à l’origine des Flashmob internationales. Nous lui avons demandé de nous raconter cette belle histoire et de nous en dire un peu plus sur lui…

 

S.W: Tristan bonjour, c’est la 3ème édition du Flashmob international en septembre, quelles sont les nouveautés pour 2016?
Tristan: On est en train de travailler dessus et on dévoilera la chorégraphie au French open.
Pour la musique on essaie de faire comme l’année dernière; trouver un truc qui n’est pas encore sorti mais qui va cartonner cet été. Ca c’est super bien passé avec Jason Derulo… Là on a quelques pistes mais on n’arrive pas à se décider, Arnaud, Olivier et moi. La seule qui sortait du lot -une de l’album de Séléna Gomez- plus on l’écoute et moins on la veut. A priori ça ne sera pas celle-là…
(note: un sondage a été lancé sur Facebook depuis)
Le logo aussi pour lequel tout le monde peut participer. On verra en fonction des likes sur l’évènement Facebook, et disons qu’au French Open on arrête les votes pour le logo. On l’apposera au moment du montage avec Olivier et Virginie, environ 10 jours après le French Open.
S.W: C’est donc le logo qui aura le plus de likes qui sera choisi?
Tristan: Oui, c’est ça. En ce moment je crois que c’est une fille de Lyon, Alexandra Garot. Personne n’a essayé de Nantes d’ailleurs!…

 

S.W: Comment t’est venue l’idée, la première fois?
Tristan: A la base à Lyon j’organise les bals sauvages. Cette année là, il y a 3 ans, j’avais envie de faire une flashmob pour finir la saison de ces bals, et ça faisait longtemps qu’il n’y avait pas eu de flashmob à Lyon. J’ai demandé l’autorisation à la ville de Villeurbanne, je voulais la faire dans le quartier de Charpennes parce qu’il y avait là une place sympa, puis je me suis dit que ça pourrait être sympa d’associer une ou deux villes en France. A l’époque je voyais régulièrement sur des évènements Estelle Bonnaire de Montpellier, Cyril Milon de Bordeaux, Paco de Toulouse… Je me disais que ces gens seraient dans le même délire, si je leur proposais de faire une flashmob en même temps. Je les voyais partants et capables de suivre.
Si on recherche sur Facebook les premières publications de cette flashmob, c’était une flashmob nationale, avec la carte de la France… Deux heures après c’est devenu la carte du monde! En deux heures j’ai reçu des messages des Suisses, des Belges et d’autres qui voulaient se greffer. J’ai eu un message d’une Russe, et de Nur d’Israël qui voulait aussi participer. Je me rappelle que j’étais chez Olivier, dans son canapé et je créais l’évènement, Olivier était d’accord pour créer la chorée. C’est parti comme ça,  ça s’est passé sous nos yeux, dans la soirée en deux heures je reçois tous ces messages… Je m’attendais pas à cette ampleur!
La première année on l’a fait un peu à l’arrache… On l’a lancé super tard, c’était après le Sea Sun Swing, en août. Ca a cartonné, on a fait 70 villes! On s’est dit l’année prochaine il faut vraiment qu’on s’y prenne un peu plus tôt, aussi pour que les profs l’enseignent en fin d’année parce que l’été c’est compliqué pour avoir des gens.
Voilà, c’était marrant , c’était pas voulu en fait, on s’est jamais dit « viens on fait un truc à l’échelle mondiale », loin de là.

 

S.W: Parmi toutes les villes qui ont participé dans le monde entier, quelle initiative ou originalité as-tu préférée?
Tristan: Alors celle qui était vraiment marrante c’était celle du Sunny Side, en 2014 dans les bâtiments. Je sais pas comment ils ont fait techniquement pour qu’ils soient ensemble et tout, mais j’ai trouvé ça génial! Ils étaient sur des balcons, une tour d’immeuble et tout le monde sur son balcon, c’était super. Il y a eu pas mal d’initiatives marrantes en 2015 aussi, je m’éclatais à regarder les vidéos… C’était un sacré boulot mais je m’éclatais. C’est dans les bonus de la vidéo: Ceux de Star Wars, ou dans l’avion. D’autres ont fait ça sous la pluie avec des ponchos, en Russie. La plupart des gens se sont éclatés, personne ne l’a fait à l’arrache et j’ai été impressionné par le monde qui s’est mobilisé. Dans des villes comme Lyon, nous c’est un peu facile, on a juste à envoyer un truc sur Facebook et on mobilise assez facilement les gens. La communauté suit vraiment, on est nombreux et on parle facilement, mais pour des villes comme Tours, Angers, ou Rennes… Rennes j’étais surpris, c’était la première fois qu’ils le faisaient en 2015 et il y avait du monde quoi! C’est une ville qui m’a marqué.

 

S.W: Tu organises ou tu fais partie de l’organisation de plusieurs évènements français, peux-tu nous en parler?
Tristan: Je co-organise le « VBS » (Very Bad Swing) avec Olivier Massart et Arnaud Perga. C’est un de mes délires à la base, je voulais vraiment faire un évènement déjanté, un truc qu’on voit pas partout, qui change un peu et qui soit un peu plus restreint et familial. Il existe d’autres évènements comme ça, comme le West Duck Swing de Nicolas Bourgeais, qui ne se fait plus, et nous on a voulu le faire au nouvel an. Alors euh… c’est 50% west coast, 50% « du grand n’importe quoi », ça ne se raconte pas ça se vit quoi…
Je suis aussi un peu le West In Lyon et le French Open par mon boulot pour le son et lumières. J’ai en charge toute la partie technique sur ces deux événements là.

 

S.W: Qu’est-ce que tu aimes dans cette activité de régisseur , qui est donc aussi ton métier?
Tristan: Ah, c’est un « métier passion » comme on dit. Bon je préfère complètement faire du live, des concerts, aller sonoriser des festoches. Le côté évènementiel, c’est sympa parce qu’on va dire qu’on fait du show: dans les évènements de west coast swing ou de danse en général, comme le Lyon Love Bachata auquel je participe (organisé par David Riquelme, qui lui co-organise le West In Lyon). Moi je m’éclate et en plus ils me donnent à chaque fois carte blanche, surtout sur le WIL en fait. Chaque année j’essaie de surprendre les gens. Sur le French Open on va dire que je co-assiste Romain qui lui est sur Paris. On discute beaucoup de ce qu’on va faire, en décors, etc… C’est lui qui fournit le matériel et moi je l’assiste et j’installe aussi.
S.W: Tu organises donc d’autres festivals, qui n’ont rien à voir avec le West coast swing?
Tristan: Oui, des festivals de musique comme le Festival du Tonton, pour lequel je dois saouler à peu près toute la communauté West coast swing 🙂 , surtout ceux qui sont super loin, j’imagine les Russes! Il y a un autre festival que je co-organise au nord de Lyon fin août; le Festival de l’Ain à l’autre. C’est un festival solidaire et c’est exactement le même délire.
S.W: Et ça marche?
Tristan: Ouai, alors moi on va dire que je suis un peu un chat noir à la base, c’est à dire que sur les quatre précédentes éditions de mon festival, le festival du Tonton, on a eu trois fois la pluie… comme c’est un festival en plein air… mais il a le mérite d’exister et de perdurer!

 

S.W: En tant que danseur racontes-nous comment tu as découvert le West coast swing?
Tristan: J’ai découvert le West coast par un pote qui travaille avec moi dans le son et lumières et qui connaissait Arnaud car c’était son prof de rock accro. On bossait ensemble et il me dit « Tiens ça te dit, on va faire le bar chez un pote ». A l’époque le 1er mercredi du mois chez Arnaud il y avait une soirée West coast swing. J’ai bien aimé, j’ai trouvé ça sympa et on s’est mis à suivre les cours avec ce pote. Lui était un danseur de rock donc il a vite accroché, moi j’étais à peu près un danseur de macarena donc je suivais beaucoup moins vite. J’ai quand même bien apprécié et les deux premières années je me suis gavé de cours. J’ai fait de l’intensif: Je faisais huit heures de cours par semaine la première année, avec aussi Maxime Zzaoui et Virgine Grondin chez David Riquelme, que j’ai rencontré assez rapidement chez Arnaud. Je faisais des stages avec les MovHigh’… J’en ai bouffé pas mal pendant deux ans, puis après j’ai ralenti. En 2012 il y a une grosse période avec Arnaud où l’on a beaucoup bougé sur des événements à l’extérieur, après il y a eu la team qui est arrivée, et puis là ça fait bien un an que je ne fais plus rien, plus de compet’. Mais il parait que je fais un Strictly au French Open…
S.W: Pourquoi as-tu ralenti?
Tristan: Oh, c’est pas forcément le manque d’envie mais je suis moins dans le délire compétitions. Je continue à danser, sur Lyon on a la chance d’avoir beaucoup de soirées, on danse régulièrement mais le côté compétition.. Moins de compet’, un peu plus de fun quoi.
S.W: …et plus de whisky!
Tristan: Pardon, j’entends pas là… Je suis en train de boire du Perrier là!

 

S.W: Qu’as-tu pensé de cette 6ème édition du Westy Nantes à laquelle tu participes pour la 1ère fois?
Tristan: Et bien j’ai été surpris par le nombre de personnes, parce qu’à Lyon on est un peu dans une bulle en fait, on le voit à chaque fois qu’on bouge. C’est con, ça peut paraître prétentieux , chauvin et tout, mais en fait à Lyon le West coast swing est tellement développé… Bon, développé par rapport à la salsa ou la kizomba, en ce moment on est ridicule quand même hein… Donc le niveau, l’envie , la motivation des gens, ça me surprend toujours. Là on est dimanche soir y en a encore qui dansent! Ils sont là et on se dit que c’est la passion pour cette danse et c’est top. A Nantes c’est tout à fait ça, on voit que les gens viennent vraiment pour apprendre, pour danser. Il n’y a pas de crainte, tout le monde danse avec tout le monde, ça se mélange plus facilement.
 S.W: Tu as pu visiter la ville…
Tristan: Et ben ouai, c’est sympa Nantes. Jolie ballade au jardin des plantes. C’est chargé d’histoire, on passe au château, on fait un peu le tour et on arrive vers le Nid , on voit que c’était tout muraillé. Une belle ville, et puis une belle région, on est allé sur la côte en arrivant!

 

S.W: Pour terminer qu’aurais tu à dire aux Nantais qui hésiteraient à participer à la Flashmob ?
Tristan: Personne ne peut hésiter! Le but de la flashmob c’est vraiment de faire découvrir la danse. On essaie de se faire voir par un maximum de gens et il n’y a pas de timidité à avoir. Ceux qui ont peur de ne pas être à la hauteur doivent savoir que c’est accessible aux débutants, à ceux qu’ont commencé en septembre. Olivier et Virginie Massart travaillent dessus exprès pour que ça soit accessible au plus grand nombre. En plus y a du monde donc on peut se fondre… Il n’y a donc pas de raison de ne pas participer, si ce n’est qu’on est pas là.
On fait la même choré sur un jour donné, mais on laisse les communautés de chaque ville choisir la couleur qu’ils veulent donner à leur flashmob. C’est bien que chacun décide et que ça ressemble à leur communauté, par rapport au dress code, au lieu, tout ça. J’aimerais aussi cette année qu’on arrête de la faire dans les centres commerciaux. Enfin, c’est bien mais il faut la faire aussi dans la ville, à l’extérieur. Sur la vidéo globale ça ne rend rien. Quand on est dans une galerie marchande, qu’on soit à Toronto ou à Strasbourg c’est pareil, donc c’est dommage. Rien n’empêche de la faire plusieurs fois dans la journée, c’est sûr que dans une galerie marchande on draine du monde, mais pour filmer c’est bien devant un bâtiment qui représente la ville. Ca permet d’aller démarcher la ville aussi, les offices de tourisme, etc. En disant « Bon voilà à travers ça on essaie aussi de promouvoir la ville », ça fait un support. L’objectif de la flashmob est aussi d’aller chercher des médias et c’est le plus dur à faire surtout pour une communauté aussi petite que la notre:
 « -Ca brasse combien, c’est quoi votre truc? -C’est international –Ouais mais ça brasse combien? -Bah l’année dernière on était 5000 danseurs… -Ouais ok, merci bonne journée. »
Ils s’en foutent parce que ça représente que dalle, mais en insistant un peu on arrive à une petite tribune et c’est sympa.

 

S.W: Comme tu as visité Nantes, que penses-tu justement de notre nouveau lieu pour cette année, le Miroir d’eau, face au Château?
Tristan: Et bah c’est super, c’est vraiment bien. J’espère juste que vous n’allez pas filmer des remparts, vaut mieux filmer de sorte qu’on voit le château.
S.W: Bien sûr, on l’a prévu, il y aura plus d’un point de vue d’ailleurs.
Et après on va se déplacer pas loin au Carré Feydeau, où on pourra danser pendant deux heures, on en profitera pour y refaire la flashmob.
Tristan: Et bien c’est super.

Merci Tristan,  Monsieur Flashmob 😉